LES CARREFOURS DE LA PAROLEUN TEMPS DE CATÉCHÈSE INTERGÉNÉRATIONNELLELE TOMBEAU VIDEFabulation ou résurrection ? à la rencontre de témoins. . . En ce temps fort de préparation à Pâques, un moment de convivialité, de réflexion, de découverte, de partage et de célébration. SAMEDI 3 MARS 2012 de 13h30 à 18h à l'ÉGLISE SAINT-MARTIN GRAND JEU RALLYE À LA RECHERCHE DES TÉMOINS Temps d'échange et de réflexion en groupes CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE Animation spéciale pour les 2 ½ ans à 6 ans Renseignements et inscriptions 063/226507 ou 0487/402649 saintmartinarlon@gmail.com |
| Homélie du 15 août 2007 |
|
|
|
|
1ère
lecture : de l'Apocalypse de saint Jean (11,19a.;12.1-6a.10ab)
Cest
un peu comme ça, en effet, quon nous la présente souvent. Allez par exemple à
Lourdes, ou dans lun ou lautre sanctuaire mariale, et essayez dacheter une
statuette delle. Vous verrez combien cest difficile de trouver une statuette
où elle ne soit pas présentée toujours souriante, avec des beaux yeux bleu, des
longs cils noires et des belles joues oranges, sans rides ni ombres au visage,
dune perfection très pieuse, presque mielleuse et, quelque part, bien
lointaine de notre réalité de tous les jours. Pour certains modèles, on peut
même appuyer sur un bouton pour que son corps sillumine ; pour dautres,
il suffit de dévisser la couronne quelle porte sur sa tête pour quen sorte de
leau bénite, ou encore, la tourner sur elle-même pour quelle joue de la
musique. Et
si en plus, à tout cela, on ajoute le fait quon dit delle que tout au long de
sa vie elle na jamais péché, quelle ne sait jamais mise en colère contre
elle-même, même pas après avoir cramé le rôti dans le four ou oublié dacheter les
couches pour le petit Jésus, quelle na jamais fait la tête à Joseph ou perdu
patience avec ses beaux-parents, là alors on peut vraiment se demander
quest-ce que Marie peut encore avoir en commun avec nous, pauvres communs
des mortels ?! Et
bien, ce qui ma réconcilié avec cette image de la vierge Marie, trop céleste
et irréelle pour moi, ça a été un petit détail : si vous regardez bien les
statues de la vierge, elle est présentée avec un serpent sous les pieds, image
du Malin. Cest ce détail qui fait toute la différence. Si
Marie est arrivée là ou elle est arrivée, jusquau ciel -et lexpérience de
lAssomption, que nous fêtons aujourdhui, nous le montre bien- cest parce
quelle a du lutter pour y accéder. On pourrait dire, si vous voulez, quil y a
un escalier qui relie la Terre au Ciel. Chaque marche représente une tête de
serpent à écraser. Et toutes ces têtes sont les choix quon est appelé à faire
le long de notre vie. Parfois on montera, parfois on descendra. Mais
alors, on pourrait se demander, à quoi bon monter si on risque, tout suite
après, de glisser à nouveau vers le bas ? Cest parce que, même sil nous
arrive de retomber et parfois très bas, on gardera quand même en nous, lorsque
on est déjà monté haut, le goût de laltitude. Cest bien cet avant-goût du
ciel la raison pour laquelle, la fois suivante, on se remettra debout et on
essayera de redémarrer, pour aller plus loin. Marie,
plus que personne, a su goûter à ces hauteurs. En effet, elle est loin davoir
été cette gamine naïve et insouciante, qui plane à 10.000 kilomètres de la
réalité et pour qui tout lui tombe du ciel. Marie, encore toute jeune, a été
confrontée avec des choix dadulte. Elle se posait sans doute toutes les
questions quune fille de son âge pourrait se poser, sur la vie, sur
lamour ; elle devait porter en elle tant de rêves, sur le mariage, sur le
fait dêtre un jour mère ; elle gardait certainement en elle tous les
doutes et toutes les peurs de ne pas réussir à être à la hauteur. Et
lappel de Dieu est venu sinscrire dans tout ce contexte si humain, si
fragile. Marie savait très bien, en effet, que dire oui à Dieu aurait eu des
conséquences lourdes, pour elle et pour son entourage : elle risquait de
perdre Joseph, son fiancé, qui se serait senti trahi ; elle aurait du
porter le regard de tout son village, sur elle, une jeune fille-mère ;
elle aurait déçu ses parents et elle aurait probablement du mourir, par
lapidation. Cest en sachant tout cela quelle a choisi de dire oui à Dieu et à
sa volonté sur elle. Marie, si elle a tout gagné cest parce quelle a tout
risqué. Cest
là que je vois Marie profondément incarnée. Elle connaît la vie et cest
pour cela quelle peut nous rejoindre dans nos combats de tous les jours, les
combats que nous devons mener si nous voulons arriver à nous respecter
nous-même et, ainsi, ensuite, à mieux aimer les autres. Voilà
pourquoi on peut rentrer encore plus en profondeur dans cette fête de
lAssomption. Cette expérience de monter au ciel, corps et âme, ce nest pas
quelque chose dextraordinaire, au sens propre du terme. Elle est la
conséquence logique dune vie, celle de Marie, qui, par tant de oui, sest
approchée de plus en plus à ce ciel, à ce goût de Dieu. Alors,
est-ce que cest vraiment Marie qui est rentrée au Ciel ou cest plutôt le Ciel
qui est rentré en elle ?! Dans tous les cas, lAssomption nest quun
dernier oui dans la vie de Marie; elle est, à la fois, le oui totale de Marie à
Dieu et le oui inconditionnel de Dieu à Marie. Que
cette fête de lAssomption puisse être pour chacun de nous loccasion dun
nouveau départ, dune nouvelle escalade. Et surtout noublions pas que ce
sont les petits oui, le oui de tous les jours, qui préparent les grands oui. Alors
courage, parce que le Ciel est plus proche de nous que ce que lon imagine,
juste à quelque oui de distance. Marie en est la preuve. Abbé
Pietro CASTRONOVO Vicaire de Saint-Martin |



